J'dis ça, j'dis rien...

11 décembre 2016

magasin génial

J'dis ça, j'dis rien...

Qui c'est t'y que ce Serge, qui parle comme un français de france, qui a ouvert un restaurant et que nos femme trouvent tellement charmant. Il a réussi à séduire la Marie de même, veuve depuis que notre Félix nous a quittés. Cet étranger perturbe Notre dame des lacs, notre village, avec ses manières de Montréal. Et même que notre curé Réjean, il l'apprécie bien. Mais c'est un étranger, il perturbe tout ! On s'en chicane même avec nos femmes, qui font leur course au Magasin Général où il a posé ses valises.

Illustration: Loisel et Tripp

Rassurez vous, je n'ai pas perdu mon français de France. Je vous ai fait un petit résumé d'une partie de l'histoire de la bande dessinée "Magasin général" à la manière des individus qui peuplent ces pages.

Ce parler bien particulier nous vient directement d'un petit village de la province de Québec des année 20-30 "Notre dames des lacs".

Illustration: Loisel et Tripp

L'histoire s'ouvre sur un deuil, celui de Marie. Elle vient de perdre son mari Félix, patron du magasin général du village. Au début de l'hiver, alors que les hommes valides sont partis au bois pour toute la saison, Marie recueille un étranger, Serge, qui a de belles manières et qui est tout simplement différent. L'acceptation est dure pour tout le monde, mais Serge finit par trouver sa place parmi eux. Il parvient (aidé par le curé Réjean, l'ermite athée et borgne Noël, l'invalide de guerre Isaac et d'autres amis) à apporter un peu d'ouverture d'esprit à certaines personnes du village. Surtout à Marie, qui va au fur et a mesure des tomes se libérer, prendre sa vie en main et choisir ce qu'elle veut en faire sans se préoccuper du regard des autres.

Ce merveilleux roman graphique (un des gros coups de coeur de ma BDthéque) est doux et poétique : pas de gros flingues, de sang ou de violence extrême (je ne jette pas la pierre sur ce genre, j'aime beaucoup aussi !). Mais pour une fois ça fait du bien de lire une BD lente et contemplative. Toutefois attention, ne vous m'éprenez pas : il y a un vrai message dans cette série. Cette histoire est une magnifique fresque sociale (des années 30) sur les jeunes, les vieux, les handicapés...qui doivent vivre ensemble malgré les différences, accepter l'autre même quand il vient de la grande ville ou qu'il parle différement...

Illustration: Loisel et Tripp

 

Cet élan social est très bien porté par nos héros, ou je dirais plutôt nos "duos" de héros. Beaucoup de gros problèmes au sein du village sont résolus par le partage et l'échange de deux protagonistes. Réjean et Noël (l'homme d'église et l'athée) : Noël aidant à voir le coeur des hommes plutôt que le diktat de la foi. Gaëtan et Serge (le simplet du village et le nouveau venu) : Serge prend Gaëtan sous son aile pour l'aider à passer les épreuves de la vie. Et bien d'autres encore... Mais le duo le plus attachant et le fil rouge de cette aventure (le plus touchant à mes yeux) reste Marie et Serge.  Ces deux là s'aiment beaucoup bien que ce soit compliqué (si j'en dévoile plus, je vous spoile, alors je m'arrête là) mais il vont s'accompagner et se guider tout le long de l'histoire.

 

C'est difficile de vous parler de la profondeur du message passé dans cette bande dessinée sans vous dévoiler une partie de l'intrigue. Alors tout ce que je peux vous dire, c'est que le message de tolérance qui explose à travers les planches résonne directement en écho avec notre époque (ou tout simplement avec la nature humaine ?)

Cette série a également une grande particularité téchnique : elle a été écrite par un "auteur virtuel".Effectivement deux artiste de génie ont dessiné cette BD en combinant leur travail : il s'agit de Loisel et Tripp (ces noms parleront directement aux BDvores, je pense !).

Leurs techniques de travail est représentée au début de chaque BD. Loisel réalise le premier dessin sous forme de story-board, envoyé par la suite à Tripp qui finalise le dessin et lui apporte contraste et texture. La planche est ensuite colorisée par Francois Lapierre.

Cette méthode très originale donne une force graphique incroyable à l'oeuvre dont je ne me lasse pas.

Illustration: Loisel et Tripp

En résumé, si vous cherchez une bande dessinée originale, belle contemplative et apaisante, "Magasin général" est pour vous. De mon point de vue les neuf tomes doivent trôner fièrement dans votre bibliothèque. J'ai relu encore une fois avec plaisir cette histoire pour rédiger cette chronique, et le bonheur reste intact !

Alors allez y ti'autre, n'hésitez plus !

mag...Mais j'le dis quand même.

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13 novembre 2016

Une Odyssée...so british !!

J'dis ça, j'dis rien...

Pour cette première chronique littéraire, je vous ai choisi un petit bijou de littérature anglaise : « Watership Down » de Richard Adams, édité pour la première fois en 1972. Je me le suis procuré dans une nouvelle version aux éditions Monsieur Toussaint Louverture avec cette superbe couverture !

LA TERRE TOUTE ENTIERE SERA TON ENNEMIE. CHAQUE FOIS QU'ILS T'ATTRAPERONT, ILS TE TUERONT.
MAIS D'ABORD, ILS DEVRONT T'ATTRAPER...

 

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Résumé

Hazel est un lapin. Oui, un lapin. Il sera aussi un de nos héros. Un jour, son frère Fyveer a la vision qu’une catastrophe est imminente et que leur garenne est en grand danger. Il ne saurait en dire les réelles raisons, mais il en a un pressentiment si fort qu’il souhaite fuir au plus vite. Les deux frères décident alors de quitter leur terre natale pour en trouver une autre, plus paisible, là où ils pourront refaire leur existence. Quelques compagnons les suivent dans cette aventure portée par le courage, la loyauté et la survie du groupe.

 

 

 

 

On the road…dans la campagne anglaise !

Watership Down c’est tout d’abord une invitation au voyage. Le lecteur se voit propulsé, à hauteur de lapin, dans les plaines et collines britanniques. J’ai de suite adoré l’amour que Richard Adams porte à la nature : il aime décrire, dans une sorte de contemplation, les fleurs, les bords de rivières et de forêts, la couleur du ciel, le vent dans les feuilles, les ombres dans les arbres, la pluie tombant dans l’herbe haute…avec de grandes précisions sur le nom des plantes. Pour les plus curieux d’entre vous, peut-être ferez-vous comme moi : chercher les noms et regarder à quoi cela ressemble. Tous ces détails permettent d’ajouter beaucoup de réalisme à notre voyage et de dénoncer le manque de respect des hommes envers notre planète.Un petit message qui ne manque pas de me plaire !

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Photo prise au jardin public de Bordeaux

 

Penser lapin, manger lapin, dormir lapin...Being rabbit !

Ce qui est étonnant avec ce roman, c’est que l’on finit par être lapin. Je m’explique car je vois que certains ont des yeux ronds comme des billes …

Richard Adams n'humanise pas ses héros même si l’on peut évidemment voir des références à nos propres civilisations : ils mordent, se battent pour leurs hases, tapent de la patte arrière pour prévenir d’un danger, se défendent contre chats, belettes et autres renards affamés, se font dévorer parfois…et font leurs affaires quotidiennes de lapins. Ils suivent leur instinct mais ne sont pas moins intelligents : ils pensent et agissent de façon rationnelle…et très ingénieuse. Plus nous passons de temps avec eux, plus nous comprenons leur mode de vie…et de survie. Ainsi, je me suis surprise à songer (vers le milieu du livre) : « c’est un champ à découvert, ce n’est pas bon, il faudrait trouver un endroit où se cacher, un endroit sûr où le sol pourrait facilement être creusé, pour des terriers au cas où, pour passer la nuit…bon sang, pourvu qu’il y ait de belles primevères à manger…» Etrange, n’est-ce-pas ? Mais c’est pile à cet instant que je me suis dit que l’auteur avait réussi son pari. J’étais enfin lapin et je voyais le monde comme tel.

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Pour compléter son monde, Mister Adams a inventé une langue propre aux sociétés lapines. Ainsi donc, un  vocabulaire inconnu au début du récit nous semble très vite familier au fil des pages. En voici quelques exemples :

 

 

Hourda : groupe de lapins particulièrement vigoureux ou intelligents, âgés de plus d’un an, qui entourent le Maître et sa hase et commandent les autres (…)

Fu inlè : le moment qui suit le lever de la lune.

Kataklop : les véhicules à moteur utilisés par les hommes.

Vilou : prédateur.

On découvre rapidement que les lapins ont leurs sociétés et que chaque société (comme pour nous) est différente. Elles ont leurs modes de fonctionnement, leurs traditions, leurs cultures et leurs croyances qu’elles appliquent avec plus ou moins de ferveur. Un dieu « Krik » est souvent nommé, ainsi qu’un héros légendaire Shraavilshâ dont les histoires ponctueront notre roman à la manière de contes, récités par des lapins orateurs.

The British Walking Dead

Oui, l’évidence m’a frappée au fil de la lecture, d’autant que j’attendais impatiemment le retour de nos survivants pour le début de la saison 7.

Alors, non, non, non ! Je vous vois venir. Non Watership Down ne sombre pas dans le post-apocalyptique et nos héros ne deviennent pas des lapins morts-vivants assoiffés de sang frais et de ceeeerveaaaau. (Bien que l’idée me fasse sourire).

Mais Watership Down, c’est la quête d’une terre promise dans un monde hostile.

C’est la naissance d’un guide, d’un chef qui doit mener ses amis en lieu sûr.

C’est la rencontre de communautés inquiétantes et étranges.

C’est une histoire de tolérance, de différence et d’alliance !

C’est le danger omniprésent sur la route.

C’est de la migration et de la survie !

C’est de l’héroïsme à l’état pur, de la loyauté ! Hum, je m’emballe…mais vous voyez le rapport ?

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Pour conclure cette chronique, je dirais merci à Richard Adams pour son épopée et son talent. Hazel, Pipkin, Bigwig, Silver, Fyveer, on vous aime ! J’aurais aimé rester un peu plus avec vous, découvrir la vie douce et heureuse de votre nouvelle garenne.

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...maisj'le dis quand même !

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30 août 2016

Lisez, pauvres fous !

J’dis ça, j’dis rien…

…mais je vais vous parler d’un grand homme qui se nomme John Ronald Reuel Tolkien et que l’on a pour habitude d’appeler simplement « Tolkien ». Il est né le 3 janvier 1892 à Bloemfontein, une ville d’Afrique du Sud dont la signification est « Fontaine de fleur » en néerlandais. Un nom poétique qui sied plutôt bien à un romancier pour qui la poésie n’avait pas de secret !

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Lorsqu’il lui prend l’envie d’écrire dans les années 1910, Tolkien invente ses textes et son univers autour de langues qu’il compose. C’est ce qu’il appellera son « vice secret » : pouvoir ainsi élaborer une langue construite de A à Z, avec son orthographe, son vocabulaire, sa grammaire, le tout porté par son imaginaire. Il en parlera d’ailleurs dans un essai intitulé « Un vice secret ». Oui…chacun son délire !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_vice_secret

Aucune langue ne sera véritablement achevée, mais deux d’entre elles ressortent tout de même du lot. Le Quenya (ou haut-elfique) des Elfes, Vanyar et Noldor installés en Valinor, et le Sindarin (Gnomique puis gris-elfique) qui représente  le langage des Sindar ou Elfes gris. Vous pouviez d’ailleurs, pour les plus courageux et passionnés d’entre nous, obtenir une initiation aux Tengwar (le système d’écriture : entendez par là, les lettres elfiques) durant le Bordeaux Geek Festival de cette année. Peut-être que notre professeur reviendra l’année prochaine ! En attendant, je vous conseille de potasser le livre ci-dessous afin d’être le meilleur de votre classe pour l’année prochaine !

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Avec la création de ces langues, Tolkien donnera naissance à un endroit qui fera vibrer plusieurs générations au travers de romans mais aussi de films. Un lieu qui trouve ses origines dans le terme « Middangeard » qui donnera plus tard « Middel-erde ou  Middellærd ou Midden-erde» puis « Middle Earth »…autrement dit en français, « La Terre du Milieu ». Dans la mythologie nordique, cela désigne aussi la terre des hommes, qui se trouve entre divers mondes où habitent des elfes, des géants, des dieux… le Migdard ou  Middenheim relié au monde des morts par le Bifrost (le pont de l’arc-en-ciel) dont vous verrez la version toute personnalisée dans le film Thor…hum.

Bercé de littérature germanique et de légendes nordiques, une des grandes influences de notre fumeur de pipe, reste William Morris dont les romances s’entrecoupent de poèmes…ce que nous retrouverons amplement dans les œuvres de Tolkien.  (Oooh oui, il y en a beaucoup !)

Voici un extrait de Nimrodel, apparu dans « Le Seigneur des Anneaux » :

« Il fut jadis une Elfe demoiselle,
Etoile brillante en journée :
Portait brodée d’or sa blanche mantelle
Ses chausses de gris argenté.

Une étoile était posée sur son front,
Sur ses cheveux un reflet doré
Comme le soleil sur les rameaux blonds
Dans la Lórien enchantée.

Ses cheveux étaient longs et ses bras blancs,
Et libre était-elle, et très belle ;
Et la feuille de tilleul dans le vent
Allait aussi légère qu’elle. (…) »

Au sein de cette fabuleuse Terre du Milieu, nous pouvons voyager et parcourir des terres très diverses  et enchanteresses : le Mordor (bon d’accord, pas très enchanteur comme endroit), Le Rohan, le Gondor, Nùmenor (île en forme d’étoile donnée aux hommes), le Rhovanion, l’Arnor et j’en passe ! Mais l’endroit qui a véritablement marqué le public est certainement « The Shire », « La Comté » en français et plus particulièrement Hobbiton…Hobbitebourg. C’est un peu l’endroit où beaucoup de gens rêveraient de se reposer : des étendues verdoyantes, des maisons aux jardins fleuris, une petite rivière, une ambiance festive et des tavernes avec de la bière ! Ce havre de paix où vivent les hobbits, semi-hommes aux pieds poilus, prend donc des allures de campagne anglaise.

Tolkien y met d’ailleurs des éléments qui lui sont chers. Amateur de pipe, il est donc tout à fait normal que le hobbit fume l’herbe à pipe et que Gandalf en soit très friand. C’est une plante fictive de la Comté à laquelle on donnera d’ailleurs des vertus assez proches du cannabis plutôt que du tabac…et après, on donne le destin du monde à ces gens-là ?

« Le silence et la fumée semblèrent irriter prodigieusement Saruman, et avant que le Conseil ne se dispersât, il dit à Gandalf : "Lorsqu'il est question de choses graves, Mithrandir, je m'étonne vraiment que tu t'amuses avec tes jouets de feu et de fumée, tandis que d'autres discourent avec ferveur." Gandalf rit et répliqua : "Tu ne t'en étonnerais pas si tu avais toi-même pris goût à cette herbe. Tu t'apercevrais que la fumée que l'on exhale vous éclaircit l'esprit et chasse les ombres. De toute manière, cela donne de la patience, et permet d'écouter sans colère les choses fausses." » Extrait « Contes et légendes inachevés », édité à titre posthume par son fils Christopher Tolkien en 1980.

 

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Mais il est un deuxième élément que Tolkien intègre au paysage du village de Hobbiton (outre son apparence so british). Durant son enfance, il vivra à Sarehole où se trouvait un moulin dont il gardera un souvenir nostalgique.

 

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Il le dessinera donc dans ses croquis et l’intègrera  à l’univers des hobbits :

 

 

 

 

 

 

 

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Peter Jackson, réalisateur de la trilogie du Seigneur des Anneaux, ne manquera pas de le refaire apparaître dans ses films :

 

 

C’est là que nous abordons un autre sujet très intéressant à propos de notre ami Tolkien !

En effet, tout homme normalement constitué se serait arrêté à l’écriture d’un beau roman. En plus de cela, nous avons vu qu’il savait aussi élaborer des langues. Mais me direz-vous…s’est-il arrêté en si bon chemin ? Non, évidemment ! Car Tolkien savait aussi très bien dessiner ! (Oui, toujours plus de talent en une seule personne). Peintures, dessins, aquarelles, calligraphies, croquis, cartographies…ne pas en parler, reviendrait à ne pas parler pleinement de son monde. Plus tard, en collaboration avec Peter Jackson, John Howe et Alan Lee travailleront ensemble à illustrer le texte de Tolkien et à mettre en image l’œuvre cinématographique qui donneront des séquences légendaires.

En voici quelques uns…pour le plaisir ! Certains y reconnaîtront des scènes et des personnages mythiques.

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Les croquis sont parfois juste intégrés dans une marge du texte (voir document ci-contre).  

                      

Tolkien plaçait aussi de minuscules tracés dans son texte : par exemple, s’il parlait de montagnes, afin de mieux les visualiser, il les dessinait à côté de leurs descriptions, l’une ayant un sommet plus pointu et l’autre plus arrondi…cet homme n’était pas dans l’excès, non, non, non !

 

 

 

Et tant que nous sommes lancés sur le chemin du perfectionnisme et de l’étrange, il me faut vous parler d’une autre de ses « manies » qui fera pâlir plusieurs d’entre vous et en particulier les écrivains. Il est tout à fait normal d’établir un plan lorsque l’on écrit un roman. Mais attention ! Le plan dont je vais vous parler dépasse tout entendement. Il s’avère que Tolkien déclinait le « voyage » de chaque personnage (ou groupe de personnages) dans un tableau qui était détaillé en lieux et…en heures ! Nous ne pouvons alors aucunement douté de la précision du récit et de son déroulement. Cela pouvait se passer ainsi : à 11h Frodon et Sam partent pour la montagne du Destin avec Gollum, alors qu'Aragorn, Gimli et Legolas parcourent les montagnes, et que Gandalf...eh bien que Gandalf fait des trucs de sorcier ! On remarquera tout de même quelques annotations rayées : Frodon et Sam pourront dormir plus tard, ils partiront vers 14h tandis qu'Aragorn, Gimli et Legolas n'ont pas cette chance et continuent de courir dans la montagne !

Mais s’il n’y avait que les heures…

Tolkien avait aussi besoin d’un autre détail et il écrivit notamment à son fils Christopher, ces quelques lignes :

« A ce stade il faut que je sache quel retard prend la lune chaque nuit quand elle se lève, quand elle est presque pleine, et comment faire un ragoût de lapin ! »

ah, je vous avais prévenu que ça dépassait tout entendement !

Nous arrivons à la fin de cet article. Il y aurait tant à dire sur Tolkien qu’il faudrait plus d’une vie pour tout en découvrir. L’œuvre du Seigneur des Anneaux (malgré de bons soutiens) fut à l’époque jugée comme paternaliste, réactionnaire, anti-intellectuelle, fasciste, ou plus simplement insignifiante (oui, tout ça pour une seule œuvre). L’absence de femmes lui vaudra aussi un caractère misogyne. Ursula le Guin (romancière américaine de science-fiction et de fantasy) dira de ce mouvement qu’il correspond à une« méfiance puritaine profonde à l'égard du fantastique ». Nous pouvons dire que, dans tous les cas, ces gens là étaient vraiment des visionnaires ! 

Mais très vite, Tolkien trouvera son public de rêveurs et d’amoureux de l’imaginaire. Il deviendra une référence…et le restera pour longtemps. Il a su, par sa plume, son imagination mais certainement aussi par sa minutie dont nous avons parlée plus haut, ouvrir les portes d’un monde fabuleux qui semble avoir existé et que nous aurions oublié. Il était donc là pour nous le remettre en mémoire et nous le remercions pour tous les romans composant cet univers exceptionnel.

Bon et puis regardez sa tête ! C’est le papi idéal…on ne peut que l’aimer !

 

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 « Tolkien a redonné vie à la fantasy ; il l’a rendue respectable ; il a fait naître un goût pour elle chez les lecteurs comme chez les éditeurs ; il a ramené les contes de fées et les mythes des marges de la littérature ; il a « élevé le niveau » pour les auteurs de fantasy. Son influence est si puissante et omniprésente que pour bien des auteurs, la difficulté n’a pas été de le suivre, mais de s’en dégager, de trouver leur propre voix […] Le monde de la Terre du Milieu, comme celui des contes de fées des frères Grimm au siècle précédent, est entré dans le mobilier mental du monde occidental. »

Tom Shippey

…mais, j’le dis quand même !

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04 août 2016

Retro vers le futur

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J’dis ça, j’dis rien…

…mais tout le monde s’accorde à dire sans cesse : « c’était mieux avant ! ».

Partant de cette affirmation, je me suis posé la question concernant le jeux-vidéo, considéré comme le 10ème art. (Si, si, c’est un art on vous dit…commencez pas !)

Ma question est simple : « Est-ce qu’effectivement les jeux-vidéo, c’était mieux avant ? »

Vous l’aurez compris, dans cet article, il est question de retro-gaming…ou pour les puristes les plus anglo-saxons d’entre vous, le clasic-gaming. Et oui ! Car le thème retro-gaming a été inventé par les français ! (Et après on dit que les anglais ne font rien comme nous…pffff…)

Mais déjà, « avant » c’était quand ?  Le retro-gaming, ça commence quand ?

Pour ça c’est très simple : le premier jeu-vidéo de l’histoire…non ce n’est pas Pong et ce n’est pas non plus Space Invaders !

C’est plus vieux que ça : ça a débuté dans les années 50 où des ingénieurs ont commencé à imaginer à délirer et à créer à bricoler les ancêtres de nos jeux, avec des ordinateurs et quelques accessoires. Avec un oscilloscope, par exemple, ils ont donné naissance au grand papi de Pong : Tennis for Two.

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Et ça va continuer comme ça jusque dans les années 70 ! C’est l’apparition des premiers jeux-vidéo « grand public » et à but commercial. (Les voilà les premiers enfants rendus violents par l’abrutissement vidéo ludique !)

Dans un premier temps, ce sont sur des bornes d’arcade que les jeunes voyous passent leurs nerfs. (Pour les plus jeunes d’entre vous, les bornes d’arcade c’est comme une PS4, mais ça a la forme d’un frigo !!)

Donc 1972, sortie du jeu « Pong ».

A la fin des années 70, les premières consoles de salon commencent à envahir les maisons avec l’arrivée de l’Atari 2600, une console mythique, et notamment Space Invaders…ah voilà, je pense que ça vous parle là !

Nous voici dans les années 80, à l’âge d’or du jeu-vidéo !  Les premiers jeux mythiques font leur apparition, surtout sur bornes d’arcade en attendant les versions remastered…comme disent les d’jeunes !

La petite boule jaune mangeuse de fantôme « Pac-Man » apparaît, ainsi qu’un certain « Donkey Kong ».

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Le jeu-vidéo est en pleine expansion et là…crack ! C’est le drame en 1983. Alors que la Famicon (maman de la NES) est sortie au japon, un crash dans ce domaine fait écrouler la bourse…c’est la mort du jeu-vidéo… (La légende dit que c’est de la faute du très mauvais jeu E.T commercialisé à l’époque)

 

 

Mais alors, comment se fait-il que mon salon soit rempli de plusieurs générations de consoles et de jeux ?

Car très vite un certain « Nintendo » et un certain « Sega » (paix à son âme…) reprennent les rennes, en 1984. Et là, c’est le début d’une culture vidéo ludique immense ! (Si ! on vous a dit que c’est de la culture !)

Des personnages cultes voient le jour : le plombier le plus célèbre du monde « Mario », le guerrier aux oreilles pointues Link de « The legend of Zelda », le hérisson bleu le plus rapide de la planète « Sonic ». Des concepts novateurs qui créent carrément un genre, encore existants aujourd’hui. Sonic et Mario pour la plateforme à scrolling horizontal (déplacement de l’écran de jeu), The legend of Zelda pour le genre action aventure et Dragon Quest pour les JRPG.

Ça continue dans les années 90 où de nombreuses icônes du jeu-vidéo ont vu le jour : Crash Bandicoot, Lara Croft, les Pokémons, les Sims… D’autres nouveaux concepts également : les premiers FPS, Wolfenstein et Doom, ce dernier ayant carrément donné son nom au genre(avant que l’on appelle ça des FPS), les Doom-like (Non, Call of n’a rien inventé !). Les GTA-like aussi avec l’arrivée de Grand Theft Auto et  les premières grosses polémiques concernant le politiquement correct. Ces nouveautés sont accompagnées de changement technique : la 3D, la multiplication de supports, les PC, les consoles et même les consoles portables.

Dans les années 2010, les innovations se portent sur notre façon de jouer : avec mouvement, avec micro, sans manette, en réalité virtuelle (occulus rift), IRL (in real life) avec pokémon GO…

Donc en conclusion, le jeu-vidéo n’en est qu’à son adolescence. Il continue à se développer de manière exponentielle. Avec ses mauvais côtés, comme le business omniprésent : DLC, console à Day-One en manque de mises à jour, marketing insistant, licence étirée au point d’en être bâclée. Exemples : Assassin’s Creed (bien que je les ai tous, c’est le même jeu tous les ans), Call of Duty (70 euros pour 7 heures de campagne solo et le même jeu tout les ans).

Mais également de bons côtés avec la connectivité, le partage multi-support et avec le monde entier, les améliorations techniques et visuelles, des scénarios complets et bien construits, qui donnent des jeux superbes tels que Fallout 4, GTA 5, The Witcher 3, la série des Arkham…pour peu que les développeurs prennent le temps. (je ne vise personne. Hein ! Activision ?)

Je ne pense pas que les jeux-vidéo, c’était mieux avant.

Il y a eu également beaucoup de très mauvais jeux par le passé, le youtubeur « Le Joueur du grenier » prend plaisir (ou pas) à nous le rappeler.

Mais ils ont été oubliés afin de ne garder en mémoire que les bonnes expériences, les bonnes sensations, les bons souvenirs.

C’est une belle culture qui doit être partagée entre les « vieux » gamer et les nouvelles générations afin qu’elle ne se perde pas et se propage.

Car pour savoir où on va, on doit savoir d’où on vient, n’est-ce pas ?

Il faut continuer de jouer, tester, créer pour certains. Afin que ce loisir-culture reste fort.

Alors maintenant…jouez !

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…mais j’le dis quand même.

 

Joueur Du Grenier " Le Joueur du Grenier replonge avec humour dans les jeux du passé

Hello tout le monde ! Nouvel épisode hors-série de Joueur du grenier ! Alors oui je sais le dernier hors série n'est pas vieux, c'était en janvier. mais en sortir un maintenant nous permet de recoller avec le rythme de diffusion en début de mois. J'espère que vous aimerez.

http://www.joueurdugrenier.fr

 

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31 juillet 2016

Oyez Oyez damoiselles et damoiseaux !

 On dit ça,  on dit rien...

...mais aujourd'hui, commence notre blog !

A travers ces articles, un voyage sur les sentiers de la curiosité et de la culture vous attend. Prenez de bonnes chaussures, réglez votre sac à dos, préparez votre sandwich préféré (si c'est Mcdo, ça nous va aussi !!), de l'eau ou de la bière (enfin de quoi vous désalterer) et installez vous confortablement !

Au fil de nos publications, nous allons partager avec vous nos passions, nos coups de coeur et un peu nos coups de gueule (mais pas trop quand même...on est plutôt pacifiques...nous, la guerre, ça nous dégoûte !).

Poussez-pas, y'en aura pour tout le monde ! Surtout toi avec le t-shirt rouge...on t'a vu !

La culture a décidé d'envahir notre maison et elle y va pas de main morte. Elle est venue avec  :

De la BD

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De la musique !!

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Des jeux vidéos

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Du cinéma

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Des jeux de société

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De la littérature

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Et même un peu de voyage...qu'est qu'on vous gâte alors !

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Et comme on est un peu débordés, on a décidé de vous en donner un maximum !

Au fait, comme vous l'aurez compris, nous sommes deux...pas trois, ni quatre, encore moins cinq...mais deux...oui, deux !! Un couple de curieux et passionnés qui aiment partager, apprendre et découvrir.

terminé

Alors n'hésitez pas à commenter, à discuter avec nous et à apporter vos remarques !
On vous souhaite à tous (même à toi avec le t-shirt rouge) une bonne lecture et comme dirait un grand philosophe : "Hodor !"

...mais on l'dit quand même.