J'dis ça, j'dis rien...

Pour cette première chronique littéraire, je vous ai choisi un petit bijou de littérature anglaise : « Watership Down » de Richard Adams, édité pour la première fois en 1972. Je me le suis procuré dans une nouvelle version aux éditions Monsieur Toussaint Louverture avec cette superbe couverture !

LA TERRE TOUTE ENTIERE SERA TON ENNEMIE. CHAQUE FOIS QU'ILS T'ATTRAPERONT, ILS TE TUERONT.
MAIS D'ABORD, ILS DEVRONT T'ATTRAPER...

 

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Résumé

Hazel est un lapin. Oui, un lapin. Il sera aussi un de nos héros. Un jour, son frère Fyveer a la vision qu’une catastrophe est imminente et que leur garenne est en grand danger. Il ne saurait en dire les réelles raisons, mais il en a un pressentiment si fort qu’il souhaite fuir au plus vite. Les deux frères décident alors de quitter leur terre natale pour en trouver une autre, plus paisible, là où ils pourront refaire leur existence. Quelques compagnons les suivent dans cette aventure portée par le courage, la loyauté et la survie du groupe.

 

 

 

 

On the road…dans la campagne anglaise !

Watership Down c’est tout d’abord une invitation au voyage. Le lecteur se voit propulsé, à hauteur de lapin, dans les plaines et collines britanniques. J’ai de suite adoré l’amour que Richard Adams porte à la nature : il aime décrire, dans une sorte de contemplation, les fleurs, les bords de rivières et de forêts, la couleur du ciel, le vent dans les feuilles, les ombres dans les arbres, la pluie tombant dans l’herbe haute…avec de grandes précisions sur le nom des plantes. Pour les plus curieux d’entre vous, peut-être ferez-vous comme moi : chercher les noms et regarder à quoi cela ressemble. Tous ces détails permettent d’ajouter beaucoup de réalisme à notre voyage et de dénoncer le manque de respect des hommes envers notre planète.Un petit message qui ne manque pas de me plaire !

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Photo prise au jardin public de Bordeaux

 

Penser lapin, manger lapin, dormir lapin...Being rabbit !

Ce qui est étonnant avec ce roman, c’est que l’on finit par être lapin. Je m’explique car je vois que certains ont des yeux ronds comme des billes …

Richard Adams n'humanise pas ses héros même si l’on peut évidemment voir des références à nos propres civilisations : ils mordent, se battent pour leurs hases, tapent de la patte arrière pour prévenir d’un danger, se défendent contre chats, belettes et autres renards affamés, se font dévorer parfois…et font leurs affaires quotidiennes de lapins. Ils suivent leur instinct mais ne sont pas moins intelligents : ils pensent et agissent de façon rationnelle…et très ingénieuse. Plus nous passons de temps avec eux, plus nous comprenons leur mode de vie…et de survie. Ainsi, je me suis surprise à songer (vers le milieu du livre) : « c’est un champ à découvert, ce n’est pas bon, il faudrait trouver un endroit où se cacher, un endroit sûr où le sol pourrait facilement être creusé, pour des terriers au cas où, pour passer la nuit…bon sang, pourvu qu’il y ait de belles primevères à manger…» Etrange, n’est-ce-pas ? Mais c’est pile à cet instant que je me suis dit que l’auteur avait réussi son pari. J’étais enfin lapin et je voyais le monde comme tel.

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Pour compléter son monde, Mister Adams a inventé une langue propre aux sociétés lapines. Ainsi donc, un  vocabulaire inconnu au début du récit nous semble très vite familier au fil des pages. En voici quelques exemples :

 

 

Hourda : groupe de lapins particulièrement vigoureux ou intelligents, âgés de plus d’un an, qui entourent le Maître et sa hase et commandent les autres (…)

Fu inlè : le moment qui suit le lever de la lune.

Kataklop : les véhicules à moteur utilisés par les hommes.

Vilou : prédateur.

On découvre rapidement que les lapins ont leurs sociétés et que chaque société (comme pour nous) est différente. Elles ont leurs modes de fonctionnement, leurs traditions, leurs cultures et leurs croyances qu’elles appliquent avec plus ou moins de ferveur. Un dieu « Krik » est souvent nommé, ainsi qu’un héros légendaire Shraavilshâ dont les histoires ponctueront notre roman à la manière de contes, récités par des lapins orateurs.

The British Walking Dead

Oui, l’évidence m’a frappée au fil de la lecture, d’autant que j’attendais impatiemment le retour de nos survivants pour le début de la saison 7.

Alors, non, non, non ! Je vous vois venir. Non Watership Down ne sombre pas dans le post-apocalyptique et nos héros ne deviennent pas des lapins morts-vivants assoiffés de sang frais et de ceeeerveaaaau. (Bien que l’idée me fasse sourire).

Mais Watership Down, c’est la quête d’une terre promise dans un monde hostile.

C’est la naissance d’un guide, d’un chef qui doit mener ses amis en lieu sûr.

C’est la rencontre de communautés inquiétantes et étranges.

C’est une histoire de tolérance, de différence et d’alliance !

C’est le danger omniprésent sur la route.

C’est de la migration et de la survie !

C’est de l’héroïsme à l’état pur, de la loyauté ! Hum, je m’emballe…mais vous voyez le rapport ?

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Pour conclure cette chronique, je dirais merci à Richard Adams pour son épopée et son talent. Hazel, Pipkin, Bigwig, Silver, Fyveer, on vous aime ! J’aurais aimé rester un peu plus avec vous, découvrir la vie douce et heureuse de votre nouvelle garenne.

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...maisj'le dis quand même !

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